La Nouvelle Revue Anthropologique

Fondée par Abel Hovelacque.

Publiée par les Professeurs de l'Ecole d'Anthropologie.



NRA 2000

Nouvelles brèves (archives).

NRA 2001


Publications et Communications.

 

 

ISSN 0994 - 9038




La Nouvelle Revue Anthropologique comporte un bulletin périodique à parution trimestrielle qui a pour but de diffuser des actualités anthropologiques.

   S'y ajoutent, suivant des périodicités aléatoires, des numéros spéciaux
consacrés à des sujets ou des synthèses particuliers.
(à titre d'exemple le numéro spécial de janvier 1999, disponible auprès de notre Secrétariat, est consacré aux Actes du 7° colloque eurafricain du C.I.R.S.S.)

A ces publications réelles s'ajoute une N.R.A. virtuelle qui présente, outre les articles publiés dans le bulletin, des informations complémentaires qui ne peuvent figurer dans le bulletin du fait de leur trop grande importance, de leur actualité, etc...
 
 



La Nouvelle Revue Anthropologique

virtuelle




Hommage au Professeur

Lucien BRUMPT


Table des Matières

Janvier 2000
 

Noël au balcon... pompons, pompons, pompons!

Depuis le temps qu'on le rabâche: "la terre se réchauffe".
Çà implique évidemment des transferts de chaleur de l'équateur vers les régions polaires plus importants que par le passé et le développement de puissantes perturbations atmosphériques et leurs phénomènes d'accompagnement (pluies, tempêtes, tornades, cyclones, inondations, etc.)
Lorsque s'y ajoute une mauvaise gestion de l'environnement telle qu'elle est coutumière à l'espèce humaine on peut craindre qu'il y en ait beaucoup qui n'apprécient pas trop l'an 2000.
Plus que jamais il semble impératif de nous souhaiter:

Bonne et heureuse année 2000 !


Le frigo... (suite)

Une simulation du climat planétaire au cours du dernier demi-siècle (équipe dirigée par Konstantin Vinnikov (Université du Maryland...(fascinant non?)))  a montré que:
La superficie de la calotte polaire arctique diminuerait, chaque année de plus de 35 000 Km2. L’étude statistique, portant sur les vingt dernières années, conclut à moins de 2% de chances pour que l’origine de cette fonte relève de causes naturelles (oscillations climatiques). Si la même étude porte sur cinquante ans le pourcentage tombe à 0,1%...
Ces éléments peuvent être mis en parallèle (concordant) avec les données relatives aux gaz et aux aérosols à effet de serre.
(Science)
 

C'est Noël... mangeons des huîtres!
 

Ce slogan, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, vient d’être confirmé par des fouilles archéologiques dans le remblai du cimetière de la cathédrale de Coutances (Manche). Provenant d’un “dépotoir” du 1° siècle on a retrouvé, outre des os de bovidés, des morceaux de céramiques et  de nombreuses coquilles d’huîtres.
La cueillette, voire l’élevage, de l’huître de Granville ou de Cancale semble bien donc remonter au début du millénaire.
Il s’agit évidemment de notre huître autochtone (ostrea edulis) dite “pied de cheval” dont la consommation est devenue symbolique sa pêche étant strictement réglementée et son élevage peu compétitif face à celui de sa lointaine cousine japonaise.
Source: Association pour les fouilles archéologiques nationales (AFAN)



Un chaînon manquant (de plus) en linguistique?


John C. & Deborah Darnell (universités de Yale et Chicago) ont découvert, à l’ouest de Louxor des inscriptions qu’ils jugent intermédiaires entre les hiéroglyphes et les premiers alphabets (connus) en hébreu et en arabe.
Leur origine remonterait au début du Moyen Empire (-1900 av. JC) alors que les débuts de l’alphabétisme ne remontaient, pensait-on, pas au delà du Nouvel Empire.
Les inscriptions seraient apparentées à l’ancien égyptien et à l’akkadien (dont on sait qu’il s’agissait d’une langue sémitique très ancienne parlée en Assyrie (cours moyen du Tigre)).
(Le Caire - AFP)


Albert Einstein n'était pas une femme!

On sait que le cerveau d'Einstein, ainsi que ceux d'autres physiciens et mathématiciens suffisamment célèbres pour avoir été conservés présente une  hypertrophie du lobe pariétal inférieur gauche.
De là à penser que l'aptitude aux sciences dites exactes y siégeait, il n'y avait qu'un pas.
Or des chercheurs américains (John Hopkins Medical Institutions) viennent de conclure que cette dissymétrie cérébrale n'était pas liée à la profession mais au sexe: ce serait une caractéristique masculine!
Y seraient particulièrement localisées(on s'en serait douté...) les perceptions du temps et la structuration spatiale tridimensionnelle.
De bien belles découvertes en vérité, comme on aimerait en voir plus souvent. L'Anthropologie physique n'a, sans doute, pas dit son dernier mot.
 

Toujours plus à l'Est! (Pr Tournesol junior)


R. Lesel est spécialiste des végétaux chinois (INRA). Comparant les surfaces équivalentes de l'Europe de l'Ouest et de la Chine il y décompte 5000 espèces végétales contre 40 000. D'où une prodigieuse richesse génétique que l'on rève d'exploiter pour améliorer les espèces européennes actuelles.
Pour beaucoup originaires d'orient, "nos" espèces ont perdu lors de leur immigration et des sélections qui ont suivi bon nombre de potentialités génétiques.
Plutôt que de bricoler le patrimoine actuel pour obtenir des OGM aux conséquences secondaires mal cernées il est tentant de sélectionner et d'utiliser des caractéristiques éprouvées en milieu naturel.
Rappelons, dans le même ordre d'idées, l'opération commerciale instaurée par Merck achetant en 1991, au Costa Rica, le droit d'étudier la flore de ce pays et d'en exploiter les éventuelles découvertes utilisables.
(AFP-18/12)
 
 

Novembre 1999
 

Bonne et heureuse nouvelle année !


L'ONU recommande à tout son personnel (14000 employés + le personnel des Agences) de prendre, pour le passage à l'an 2000, les mêmes mesures de précaution qu'en cas de "catastrophe annoncée" : provisions d'eau potable, de vivres non périssables, de médicaments, ainsi que pour les proches sans oublier des lampes de poche et de nombreuses piles. En outre il est prudent de disposer d'argent liquide en quantité suffisante pour  plusieurs jours ainsi que des couvertures et des chauffages autonomes (dans l'hémisphère nord). Eviter enfin de voyager et si indispensable envisager la possibilité d'importants retards...
 
 

Profession: "fabricant de trous noirs".


Murat Ozer est chercheur à l'Université du roi Saoud (Arabie saoudite).
Ses calculs montreraient qu'il est facile de réaliser un trou noir en laboratoire; pas un vrai de vrai: un "trou noir à électrons" (en d'autres termes, il se contenterait d'absorber les électrons et eux seuls).
Matériel nécessaire: une machine électrostatique, une sphère métallique de taille moyenne (quelques dizaines de centimètres) et des électrons (pour lui donner à manger); bref à la portée de tous.
Le problème c'est qu'on ne sait pas trop si, une fois créé, il ne serait pas victime d'une crise boulimique dont on ignore où et comment elle s'arrêterait.
Tout compte fait il vaut peut-être mieux le croire sur parole: "Bravo!... Il peut le faire!"
(BBC; 16/11/9)
 
 

Qui a touché au thermostat du frigo?


A. Rothrock (université de Washington) aime bien les glaces. Quelle n'est pas sa surprise horrifiée en constatant qu'en une bonne trentaine d'années la banquise arctique a perdu près de 40% de son épaisseur (soit de 1 à 2 mètres)!
En attestent les mesures des sous marins atomiques américains dont les données sont passées dans le domaine public (jusqu'à 1976 seulement). Les données plus récentes restent "secrètes" (ça pourrait profiter aux "autres"...).
De ce fait on ignore si le phénomène est continu ou fluctuant.
En tout cas, si vous vous promenez sur la banquise le prochain week end méfiez-vous: la glace est peut-être moins résistante que vous ne croyez.
(Geophysical Research Letters)
 
 

A votre santé!


La vodka ça ne soigne pas tout:
en russie (Samara) on observe le développement d'une nouvelle épidémie virale "GLPE" aimable fièvre hémorragique dont le vecteur serait la souris et qui provoque, comme tant d'autres, un syndrôme grippal pouvant, hélas, se terminer par des hémorragies internes fatales.(actuellement, près de 200 victimes)
Un vaccin a bien été mis au point mais sa mise à disposition nécessiterait 20 millions de dollars. On se contentera donc de piéger les rongeurs (les chats, on les a déjà mangé).
Il y a bien d'autres maladies virales "mystérieuses" qui ne le sont que faute d'un diagnostic précis du fait du manque de moyens: officiellement, plus de 147 millions de russes (sur)vivraient avec moins d'un dollar par jour.
Avec de telles ressources tout traitement est un luxe inaccessible; on voit donc les affections "traditionnelles" que sont la peste, la tuberculose et le choléra prendre force et vigueur sans parler des maladies sexuellement transmissibles dont le SIDA (officiellement 9500 cas nouveaux cette année sur 20 000 séropositifs "reconnus").
Belle fin de millénaire...
(AFP-19/11)


Sodome et Gomorrhe chez les Bonobos

Cousins des chimpanzés, les Bonobos n'ont été qu'assez peu étudiés mais présentent des caractéristiques intéressantes sur le plan de leur vie sociale.

Contrairement aux chimpanzés dont les groupes sont dominés par les mâles la dominance Bonobo incombe aux femelles.

Alors que les modes de subsistance des deux espèces sont très proches le comportement social est très différent: si les chimpanzés règlent leurs différends par des méthodes agressives, les bonobos, eux, font appel à une sexualité aussi expansive qu'inventive et débridée. Aucune des modalités dont l'espèce humaine se croyait seule dépositaire ne leur est inconnue...

Selon les experts le bonobo est ainsi "un maître de la communication sociale".

S'ils pouvaient parler ils diraient "faites l'amour, pas la guerre"... Décidément l'inventivité humaine ne serait-elle qu'un mythe?

(Source: Le Monde)
 

SIDA: L'Afrique en tête

En septembre s'est tenue à Lusaka (Zambie)  la 11ème conférence internationale sur le sida et les MST en Afrique.

Il convient de rappeler que les deux tiers des personnes infectées dans le monde sont situées en Afrique subsaharienne! Les polythérapies antivirales semblent encore inaccessibles pour la quasi totalité des pays en voie de développement.
 
 
 

La Bible a-t-elle une base scientifique(ment contrôlable)?

Non, évidemment! (c'est le contraire qui eut été surprenant):
Selon Zeev Herzog, archéologue israélien, Josué n'a pas détruit les murs de Jéricho en jouant de la trompette, le "Royaume de Salomon" n'était qu'un petit chef lieu de canton de province, quant à l'exode d'égypte, il relèverait tout simplement de la fiction!
Les fouilles archéologiques montrent, en effet, que les remparts de Jéricho ne se sont que lentement effondrés (pas en un jour, en tout cas) vraisemblablement faute d'entretien.
Quant aux origines d'Israël elles remonteraient au IX° siècle avant J.C. avec la création de deux tribus rivales de bergers de judée et... d'israel.
C'est peu dire que de telles affirmations (étayées par des résultats de fouilles) sont médiocrement appréciées par le public israélien (sans parler des 30% qui se définissent eux-mêmes comme "religieux" et pour lesquels aucune discussion n'est concevable).
Les subventions pour la poursuite de ces recherches risquent de se raréfier.

(Source: Fox news)
 

Réchauffement de la Planète:(notre grand feuilleton de la rentrée)

La Fonte des glaciers tropicaux

- Un anthropologiste a-t-il vraiment à se préoccuper du destin de ces machins?
 

- Un anthropologiste n'est pas forcément un imbécile incapable d'autre chose que de gober stupidement sans analyse ni critique n'importe quelle conclusion sous le prétexte fallacieux que la physique, ou la chimie, ou etc.. "c'est pas sa tasse de thé!". L'Histoire naturelle de l'Homme implique une connaissance, au moins qualitative, de son environnement ne serait-ce que pour être soi-même convaincu de la justesse de ses analyses et de ses (auto)critiques.
 

Pour ce qui est du réchauffement planétaire, la première question à se poser est de se demander s'il est réel ou supposé tel (ce n'est pas parce qu'un grand nombre de scientifiques l'affirme que c'est vrai!).
 

De telles observations ont pour intérêt une meilleure compréhension des phénomènes écologiques naturels qui influencent l'existence terrestre en général et particulièrement humaine.
 

Les glaciers tropicaux sont évidemment peu importants (0,16% des glaces de la planète) mais très sensibles aux fluctuations environnementales.
Aussi l'I.R.D. (Institut de Recherche pour le Développement) a-t-il lancé un programme "Neige et glaciers tropicaux".
 

L'étude du glacier du Zongo à quelque 30 Km de La Paz (Bolivie) entre 5 & 6000 m d'altitude a montré des différences de fonte importantes (300 à 400%) suivant la saison (sèche ou humide). On évalue cette fonte en mesurant le débit du torrent effluent.
 

Certes, c'est pendant l'été austral (saison humide, de novembre à février) que la fonte est la plus forte mais "l'été" a peu de signification car les variations thermiques saisonnières sont faibles (de l'ordre de 2° en moyenne journalière!) et l'ensoleillement peu différent...

Il y a donc un autre facteur déterminant et ce semble être l'humidité; mais pourquoi l'humidité augmenterait-elle la fusion de la glace?

L'explication proposée est la suivante: l'énergie solaire incidente est, nous l'avons dit, sensiblement constante; en saison sèche elle est utilisée pour sa plus grande partie à sublimer la glace (sublimation = transformation de l'eau-glace en eau-vapeur sans passer par l'intermédiaire eau-liquide). Or la sublimation utilise beaucoup plus d'énergie que la fonte (8 fois plus). D'où un débit faible pour le torrent.

En saison humide, l'air étant déjà saturé d'eau, la sublimation est fortement diminuée et l'énergie solaire, inutilisée pour ce faire,  devient disponible pour faire fondre la glace.

Le résultat global est que la constatation objective de l'important recul des glaciers tropicaux constaté depuis une vingtaine d'années ne doit pas être simplement corrélée à une augmentation thermique mais aussi à une augmentation de l'humidité dans les basses couches.

Les études  poursuivies montrent aussi d'intéressantes variations liées au phénomène "el niño" mais vous en avez peut-être assez pour aujourd'hui...

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus:  ribstein@biogeodis.jussieu.fr
 

Refroidissement de la Planète:

Si l'on croit savoir pourquoi le climat terrestre se réchauffe, on est, par contre réduit aux conjectures pour expliquer les forts (très forts) refroidissements connus dans le passé.

On en connait trois ou l'ensemble de la planète a complètement gelé jusqu'à l'équateur inclus.

Pour le premier, il y a 2,3 milliards d'années, James F. Kasting, astrobiologiste de la Penn State University émet l'hypothèse suivante. Avant la catastrophe l'effet de serre était surtout dû à une assez forte concentration atmosphérique de méthane. L'augmentation du taux en oxygène (pourtant bien modeste: de l'ordre de 0,2%) aurait entraîné la dégradation du méthane et la progression des glaciers jusqu'à l'équateur en moins de mille ans.

Ce serait le gaz carbonique d'origine volcanique qui aurait alors permis de provoquer le dégel avec des concentrations de l'ordre de 300 fois celles observées actuellement.

Ce que l'on ignore c'est comment la terre a alors résolu le problème de surchauffe lié à cet excès de gaz à effet de serre.

On ne sait pas non plus pourquoi, bien plus tard (il y a 750 et 600 millions d'années), ont pu survenir de nouvelles glaciations globales.

Décidément la météorologie n'est pas un long fleuve tranquille.

(Source: Cybersciences)
 
 

La route du rhum aurait 18000 ans.

Sur de petits bateaux construits en peaux de bêtes, les solutréens auraient colonisé les amériques. Bien avant christophe Colomb, bien sûr, mais aussi avant la possible utilisation du "pont" sibérie-alaska par des asiatiques (estimée aux environs de -13500 ans). C'est ce que prétendent deux archéologues américains Dennis Stanford et Bruce Bradley.

La culture de ces asiatiques est décrite sous le nom de Clovis. Ces spécialistes remarquent que certains sites, situés sur la côte est, sont datés de -16000 ans (donc trop tôt pour des utilisateurs présumés du pont américanoasiatique) et insistent sur la similitude des outils (pointes de lance et de flèches) avec ceux des solutréens européens.

Ce n'est que quelques milliers d'années plus tard que les envahisseurs asiatiques auraient plagié les techniques de fabrication solutréennes.
 
 

Octobre 1999



L'Homme de Néanderthal: un cannibale!

Une équipe de l'Université de la méditerranée (Marseille) a découvert dans une grotte ardèchoise (Moula-Guercy) des restes de six néanderthaliens (deux adultes, deux adolescents, deux enfants).
L'ensemble date de 100 à 120 000 ans.
Sur de nombreux ossements apparaissent des traces de dépeçage, certains sont brisés pour pouvoir, semble-t-il, en extraire la moelle; les tendons sont sectionnés; les crânes  fracturés...
Les hypothèses explicatives ne manquent pas: la pénurie de nourriture est peu vraisemblable tant sont nombreux les restes de nourriture animale, restent les évocations de rites sociaux.
On avait déjà évoqué (grotte croate de Krapina) des cas de cannibalisme chez les néanderthaliens mais c'était en 1890...
On peut aussi se rappeler que pour certains ce sont nos méchants ancêtres qui auraient éliminé les gentils néanderthaliens.
Pour plus de détails, voir Nature.

Aout 1999
 

Colloque à Nouakchott (Mauritanie)

Sauvegarde et valorisation du patrimoine culturel mauritanien.

 du 29 novembre au 1° décembre 1999
BP 4881 Nouakchott
courriel: patrimoine @ toptechnology.mr

Anthropologie biologique.


L’an 2000 semble propice au renouveau de l’Anthropologie physique, particulièrement biologique:
 

Cette semaine (fin juillet) ont paru (Nature) les résultats de travaux du Pr. Weinberg (MIT) qui a réussi à réaliser, en routine, la transformation de cellules normales en cellules cancéreuses.
 

Le belle affaire pour l’Anthropologie penserez-vous...
 

Et pourtant... reprenons les modalités de la manipulation (trois phases):
 

Dans  un  premier temps le gène d’une enzyme, la télomérase, est introduit dans la cellule. (Rappelons que le télomère est une portion terminale de chromosome que l’on soupçonne d’être responsable du vieillissement) Ceci a pour résultat de conférer à la cellule une jeunesse permanente lui permettant de se passer de facteurs de croissance.
 

Ensuite, est introduit un second gène (RAS) entrainant la formation d’une protéine présente dans de nombreux cancers et s’opposant au vieillissement cellulaire.
 

Enfin l’introduction d’un gène d’un virus simien bien connu (SV40) permet de neutraliser deux protéines destructrices de tumeurs: (P53 & PRB). L’une empêche la reproduction cellulaire aux cellules anormales; l’autre impose aux cellules de ne se reproduire qu’en présence de facteurs de croissance.
 

Les conséquences de cette réussite sont multiples:
 

sur le plan pathologique, certes, tous les hommes (et les femmes) sont égaux (il en est de même des animaux (cela pour ceux qui se croiraient exceptionnels)) devant un e maladie qui les frappe tous suivant des modalités diverses; des traitements préventifs sont évidemment envisageables (à moyen terme... ne rêvons pas...);
 

sur le plan gérontologique, on cerne de mieux en mieux l’origine biologique de la sénescence et il est intéressant de rapprocher ces données de celles obtenues par le clonage qui, semble-t-il, ne  permet d’obtenir que de petits vieux. Cela ne durera probablement pas en dépit de stupides retardements éthiques(qui ne retarderont pas tout le monde);
 

sur le plan philosophique... si vous voulez en causer dites le nous: il y a de quoi faire.
 
 

Mai 1999

COMPTES RENDUS
 

Simon Simonse:
 

Kings of Disaster. Guakism, Centralism and Scapegoat King in Southeastern Sudan, Leiden, E. J. Brill, pp. 477
 

Ce volume de presque 500 pages serrées est un modèle de monographie d’anthropologie culturelle à recommander aux étudiants en sciences humaines et aux chercheurs du monde entier, étant donné l’originalité exclusive du sujet et la valeur de son contenu, l’auteur s’étant étroitement mêlé à la vie des communautés étudiées.

Simon Simonse fait précéder l’enquête sur le terrain d’un chapitre analytique dans lequel il présente sa démarche et sa problématique à la lumière des publications du français René Girard, de l’enseignement sociologique durkheimiste et de l'approche structuraliste de Lévi-Strauss.

L’intérêt indéniable des recherches menées au Sud-Soudan par cet anthropologue hollandais, qui a enseigné en Uganda et au Zaïre avant d’être nommé conseiller en sociologie auprès de l’université indonésienne de Palembang, réside dans la région africaine choisie. En effet, il s’agit d’une zone de montagnes et de forêts entre Juba et la frontière éthiopienne à l’Est du Nil très peu visitée par les Européens. La guerre civile, qui depuis vingt ans fait rage dans cette partie du Soudan chrétien et animiste, opprimée ou négligée par le Nord musulman et le pouvoir central de Khartoum, a rendu encore plus précaire l’accès de l’Equatoria.

Jusqu’à l’heure actuelle les communautés autochtones, notamment les Bari, les Bilinyan, les Lotuho, les Lokoya restent isolées et menacées d’acculturation, comme leurs cousins Galla de la basse Ethiopie, ainsi que les Karanja de l’autre côté de la frontière ougandaise.

L’auteur a aussi élargi son itinéraire d’investigation à d’autres tribus situées plus au Nord, encore plus exposées au danger d’extermination de la part des troupes gouvernementales telles les Dinka du Bahr-ek-Ghazal et les Shilluk. Il n’oublie pas de citer les recherches des explorateurs qui l’ont précédé depuis le siècle dernier et nous voyons avec plaisir mentionner les travaux des missionnaires comboniens italiens, Carlo Muratori et Antonio Pazzaglia qui, avant et après la deuxième guerre mondiale, avaient laissé des notes précieuses sur les séjours en Equatoria, totalement oubliées dans les archives de l’Ordre.

Le sérieux du travail accompli par l’anthropologue batave ressort dans chacun des 19 chapitres qui composent les trois parties du volume, où tous les aspects de l’histoire, de la langue, de l’organisation sociale, de la vie traditionnelle, de l’économie indigène, des rapports de parenté, du dualisme de milieu, des croyances et des rites, des structures socio-politiques et du très complexe système des chefferies sont fouillés. Et cela comme contexte à l’approfondissement du thème qui fait le titre du livre Kings of disaster. Vu, l’importance de la place réservée à ces pouvoirs royaux dans les villages (en réalité des chefferies dynastiques) et au rôle ancestral de la violence interethnique, il nous paraît difficile d’en rendre compte ici dans les détails. Cependant, les lignes de force propres à la démarche de l’auteur sont loin des généralités hâtives de certains ethnologues et sont fondées sur des connaissances scientifiques précises, alimentées par sa fréquentation prolongée et active de cette aire culturelle nilotique et par son expérience spécifique. Il nous ouvre une grande fenêtre initiatique sur une société des plus authentiques et exemplaires de l’Afrique des Grands Lacs.

Toutefois, on ne peut que regretter l’absence totale d’illustrations qui auraient permis au lecteur de visualiser ces passionnantes révélations anthropologiques.



 

La nouvelle revue Pagara de la Société des Arts des archives et de l’histoire de la Guyane (S.A.A.H.G.) paraissant à Cayenne nous rappelle, dans son numéro I, l’existence oubliée de plusieurs livres et rapports sur le passé de la communauté créole et les siècles de la colonisation. La revue Pagara, dirigée par Serge Mam-Lam-Fouck et coordonnée par Anne-Marie Bruleaux, est pluridisciplinaire. Elle est ouverte à tous les chercheurs en sciences humaines dont le champ d’investigation concerne le plateau des Guyanes, en particulier la Guyane française.



 

Jean-Marcel Hurault :

Français et Indiens en Guyane : 1604 - 1972
Inédit, Collection Bibliothèque 10/18
 
 

Nous avons lu, avec beaucoup d’intérêt, le livre d’anthropologie culturelle de Jean-Marcel Hurault que nous considérons comme un document de recherche incontournable en la matière.

Pourquoi, par quel processus, les Indiens de la forêt guyanaise s’éteignent-ils depuis les premiers contacts avec les Européens ? Pourquoi les tribus du littoral ont-elles au contraire, de nos jours, un taux d’accroissement très élevé ? Peut-on préserver les groupements survivants, et dans quelle direction orienter leur évolution ?

L’auteur a cherché dans le passé l’explication de ces faits. L’étude des archives de plus de 350 ans de contacts entre Français et Indiens jette une vive lumière sur le passé de ces groupements et sur des alternances de libéralisme et de tentatives d’assimilation.

Interprétés en fonction des données de la géographie, de la démographie et de l’ethnographie, les événements du passé demeurés énigmatiques pour les Français qui les ont vécus et relatés prennent leur place dans un enchaînement rigoureux qui débouche directement sur le présent.

Nous résumons ici les conclusions de l’étude démographique :

Les causes de l’extinction des Indiens

Les Indiens de Guyane française ont décru très rapidement de nombre dès les premiers contacts avec les Européens. Les groupements du littoral, touchés dès le milieu du XVIe siècle par des maladies pulmonaires épidémiques importées, à l’égard desquelles ils ne possédaient aucune immunité, ont décliné régulièrement jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Une tendance à l’équilibre s’est alors fait jour progressivement; après être restés stationnaires pendant une cinquantaine d’années, ces groupes dont la natalité est très élevée ont repris leur marche ascendante et présentent de nos jours un accroissement démographique rapide. Pour les deux groupes sur lesquels on possède des données numériques précises, la progression a repris à partir de groupes réduits respectivement à 150 et 200 personnes, soit vraisemblablement entre le 1/50 et le 1/100 de la population initiale. Il est probable qu’il y a eu là, simplement un phénomène de sélection, et que la régression a cessé à partir du moment où il n’est plus resté qu’un groupe possédant spontanément une résistance à l’égard de ces maladies.

Chez les tribus de la forêt, touchées plus tardivement, le même processus a joué, de façon beaucoup plus sévère. Les tribus de l’Oyapok, estimées à près de 15 000 personnes en 1975, ont été pratiquement anéanties en un siècle et demi, sans qu’aucun noyau résistant se soit dégagé.

Les groupements actuels de l’intérieur, réduits à moins de 400 personnes, sont constitués en presque totalité des restes de deux grandes tribus, Wayana et Wayapi, immigrées à la fin du XVIIIe siècle, où l’on estimait leur effectif à plus de 10 000. Bien qu’une certaine prémunition ait apparu chez eux, et que la mortalité soit moindre que par le passé, ces populations demeurent dans une situation très précaire. Tout relâchement de l’assistance médicale ramène en moins d’un an un état sanitaire déplorable et une régression démographique...

Les facteurs que nous avons mis en évidence en étudiant les Indiens Wayana et Wayapi de Guyane suffisent à expliquer l’extinction progressive des Indiens de la forêt amazonienne depuis leurs premiers contacts avec les Européens et les Noirs ; les violences dont ils ont été l’objet, de même que les guerres entre tribus, n’ont joué qu’un rôle tout à fait secondaire.

Ces considérations ne prétendent pas donner une explication complète du comportement social des Indiens de la forêt amazonienne. Les caractères biologiques du groupe ne sont qu’un des facteurs de ce comportement, parallèlement aux facteurs culturels et historiques. Mais, il importe d’en mettre en évidence l’importance primordiale; c’est pour n’en avoir tenu aucun compte que l’action “civilisatrice” menée depuis plus de trois siècles auprès des Indiens de l’Amazonie a conduit partout à un échec.
 
 
 

Marc Abélès et Henri-Pierre Jeudy :
Anthropologie du politique
Armand Colin, Paris 1997, pp.233
 

L’on peut dire que l’Anthropologie Politique est devenue ces dernières années en France et aux Etats-Unis la branche la plus actuelle des sciences de l’Homme, complémentaire d’une sociologie des institutions et des organisations, aux objectifs transversaux de recherche sur l’hétérogénéité des cultures. Mais, elle se présente aussi comme une approche généalogique et anthropologique de la citoyenneté dans la dynamique des conflits et leurs motivations, soit ethniques, soit identitaires, soit par les représentations collectives de l’idée de nation et les problématiques multiculturelles

Quel regard portent aujourd’hui les anthropologues sur le politique et les institutions dans les sociétés contemporaines ? Selon quelles problématiques, et avec quelles méthodes, appréhendent-ils la question du pouvoir et des institutions dans un monde en pleine mutation ? Telles sont les questions auxquelles souhaite répondre cet ouvrage, en se fondant sur un ensemble de recherches de terrains menées dans le cadre du Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales du CNRS.

Dans un contexte caractérisé par la mondialisation et la recomposition des espaces politiques, on observe la résurgence de conflits liés aux appartenances et aux identités. Par ailleurs, on voit se constituer et se renforcer des institutions et des organisations transnationales. Cette situation nouvelle se distingue par une remise en cause de la prééminence de l’Etat et rend indispensable une réflexion en profondeur sur les différentes facettes du processus politique. C’est pourquoi ce livre vise à offrir une perspective anthropologique sur des notions essentielles : identité, ethnicité, citoyenneté, conflit, nation.

L’anthropologie du politique au présent se veut aussi une réflexion sur les institutions multiculturelles et les types de relation et d’action qui s’y déploient. Se trouvent ici interrogés les concepts et les méthodes mobilisés par les chercheurs pour étudier les organisations. Un dernier volet de l’ouvrage est consacré aux mises en scène et aux univers de signes que mobilisent ces stratégies de communication. De l’actualité à l’ancestralité, l’analyse des rapports entre pouvoirs, temps et symboles apparaît bien comme un thème majeur de la recherche anthropologique.
 

Marc Abélés, directeur de recherche au CNRS, dirige le Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales (LAIOS). Outre de nombreux articles, il a notamment publié Jours tranquilles en 89; ethnologie politique d’un département français (Odile Jacob 1989). Anthropologie de l’Etat (Armand Colin, 1990). La vie quotidienne au Parlement européen (Hachette. 1992). En attente d’Europe (Hachette. 1996).

Henri-Pierre Jeudy, docteur au CNRS. membre du LAIOS. a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Le désir de catastrophe (Aubier. 1991). Éloge de l’arbitraire (PUF. 1993). La communication sans objet (La lettre volée. 1994) et l’Ironie de la communication (La Lettre volée. 1996).
 

LU POUR VOUS


- Fondements Naturels de l’Ethique Sous la direction de J.P. Changeux, Ed. Odile Jacob, Paris 1993, pp. 334.

- Bernard Nantet : L’invention du désert. Archéologie au Sahara Voyageurs Payot, Paris 1998, pp. 382.

- Yves Winkin : Anthropologie de la Communication De Boeck Université, Paris-Bruxelles 1996, pp. 239.

- Ian A. Baker : L’art de guérir au Tibet Traduction par Patrick Carré, Seuil 1998, pp. 190.

- Nadine Perront : Être juif en Chine. L’histoire extraordinaire des communauté de Kaifeng et de Shanghai Albin Michel, Paris 1998 pp. 222.

- Matthieu Richard : L’esprit du Tibet. La vie et le monde de Dilgo Khyentsé, maître spirituel Préface du Dalai-Lama, Seuil, Paris 1998, pp. 152.

- Jean Clauzel : L’Homme Damekessou Ibis Press, Paris 1998, pp. 188.

- Lamara Bougchiche : Langues et littératures berbères (Bibliographie internationale de plus de 6.000 références) Ibis Press, Paris, pp. 446.

- Marc Abélés et Henri-Pierre Jeudy : Anthropologie du politique Armand Colin, Paris 1997, pp. 282.

- Assignations identitaires et différenciation sociales dans l’Homme et la Société, N° 125, L’Harmattan, Paris, pp. 160.

- Les origines de l’Humanité Dossier Pour la Science (Édition française de Scientific American), Janvier 1999, pp. 132.

- Françoise Bouchet-Saulnier : Dictionnaire pratique du Droit humanitaire La Découverte, Paris 1998, pp. 420.
 
 

Où apprendre l'arabe à Paris ?


Nombre d'étudiants de l'Ecole d'anthropologie posent de plus en plus souvent la question :

l'arabe devient une langue de contact et de travail aussi répandue et importante que l'espagnol ou le russe. Où peut-on l'apprendre en restant à Paris?

            Voici quelques renseignements utiles :

       A l'université: En outre, il est possible de se procurer des textes didactiques dans les librairies spécialisées suivantes :

Pour ou contre le clonage humain

Paris

     Dans une rencontre exceptionnelle avec la presse (c'est la première fois...), le Président du Comité Opérationnel pour l'Ethique (COPE) dans les sciences de la vie au CNRS (Centre National Français de la Recherche Scientifique), Monsieur Robert NAQUET a exprimé un refus sans appel de la création artificielle de double de l'homme. Il a dit : Le clonage reproductif doit rester interdit.

     Interrogé sur le sérieux des nouvelles faisant état d'expériences sur le clonage reproductif, le savant français a expliqué : "Pour créer son double, il suffit de faire se développer une cellule issue de son propre organisme. Pas si simple... théoriquement, chaque cellule du corps humain possède toute l'information génétique pour redonner un individu copie conforme du premier. En fait, si l'information est bien là, elle n'est plus vraiment accessible car les cellules se sont spécialisées et n'utilisent plus que les gènes qui leur servent. Voilà pourquoi on ne peut pas bouturer l'homme aussi facilement qu'une plante verte. Les cellules sexuelles humaines, ovule et spermatozoïdes ne possèdent qu'un jeu de 23 chromosomes chacune. Lors de l'accouplement, elles forment un oeuf dont le noyau contient donc deux jeux de chromosomes. Cet oeuf se divise et devient embryon. Les chercheurs écossais sont parvenus produire un embryon sans l'intervention de spermatozoïdes. Pour cela, ils ont dépossédé un ovule de son noyau puis l'ont remplacé par le noyau d'une cellule adulte, contenant déjà deux jeux de chromosomes. Pour que l'expérience marche, il fallait que la cellule adulte se déspécialise et soit à nouveau capable, comme une cellule embryonnaire, de donner naissance à un organisme complet. Les chercheurs écossais ont accompli cette prouesse après avoir affamé la cellule en la plaçant dans un milieu pauvre. Une fois le transfert de noyau réalisé, on obtient un oeuf à deux jeux de chromosomes comme lorsqu'un spermatozoïde fusionne avec un ovule. Le noyau et le liquide qui l'entoure, le cytoplasme, sont ensuite stimulés électriquement, ce qui leur permet d'entrer en communication. Enfin, l'embryon qui se forme est implanté dans l'utérus d'une mère porteuse.

A la question : "Faut-il interdire partout dans le monde la recherche sur l'embryon humain ? " Monsieur Robert NAQUET a nuancé sa réponse :

     "Elles sont de toutes façons interdites par la législation. L'embryon in vitro, même s'il ne peut donner naissance à un être humain qu'après implantation in utero, mérite le respect et ne peut être utilisé pour la recherche comme une quelconque cellule".

     Bref le clonage thérapeutique qui ouvre la voie au clonage humain n'est pas interdit en Grande Bretagne où le Directeur du Centre de Recherche sur le génome, de l'université d'Edimbourg (Ecosse), Austin SMITH, travaille sans relâche dans son laboratoire pour créer ces embryons miracles, dont les cellules seraient utilisées pour soigner l'adulte cloné. Surtout, Austin SMITH dirige la seule équipe britannique habilitée depuis deux ans à utiliser des embryons humains pour tenter de cultiver, en éprouvette, leurs "cellules souches". Un projet devenu brûlant, enjeu d'une bataille scientifique, médicale, commerciale et éthique engagée à l'échelle mondiale. Les cellules souches de l'embryon sont, en effet, uniques en leur genre : naturellement "totipotentes", elles génèrent toutes les cellules "différenciées" de l'organisme (sang, peau, muscles, os, neurones...). Il y a encore trois mois, la recherche sur leur multiplication n'intéressait qu'une poignée de biologistes du développement. Le 6 novembre, le sujet a brutalement explosé sur la place publique, exhalant à la fois les vapeurs sulfureuses du clonage humain et le fantasme d'une médecine "mécaniste" qui remplacerait les tissus malades comme on change les roues d'une voiture.

     James THOMSON et Jeffrey JONES, de l'université du Wisconsin, annoncent alors dans l'hebdomadaire américain Science qu'ils ont réussi à multiplier en éprouvette ces fameuses cellules souches, "mères de toutes les cellules". Spéculation immédiate à la Bourse, où les actions de la société de biotechnologie américaine GERON - qui a financé les recherches et déposé un brevet sur la technique de culture cellulaire - triplent de valeur le jour même. Spéculation également dans les médias scientifiques en tête : aujourd'hui on multiplie à l'infini les "cellules à tout faire", demain on leur fera produire en série des cellules de cerveau, de peau, de muscle, d'os pour "réparer" des corps blessés. Mieux - ou pire - des chercheurs parlent de perfectionner la technique en la couplant à celle du clonage d'adulte qui a donné naissance à la brebis Dolly. On soignera les malades avec des cellules parfaitement compatibles avec leur système immunitaire, car elles auront été fournies... par leur clone. Précisément, par leur "embryon-clone", leur jumeau... en puissance créé à partir de l'une de leurs cellules.

Monsieur Robert NAQUET a ajouté que, en revanche :

     "Vu l'importance pour le développement de la connaissance et les retombées thérapeutiques que laisse espérer cette nouvelle technique, (entre autres, meilleure connaissance du développement embryonnaire et des phénomènes de différenciation cellulaire), toutes les possibilités de recherches doivent être exploitées dans le respect de l'animal. Mais les recherches sur l'animal ont leurs limites. La recherche à partir d'éléments humains sera un jour considérée comme indispensable".

Et à lui de conclure :

     "Il est souhaitable que le législateur prenne en compte l'ensemble des données nouvelles dans ce domaine. Parallèlement la société française doit recevoir une information objective à propos du clonage non reproductif, de ses enjeux pour la connaissance et des éventuelles retombées thérapeutiques. Cette information devra tenir compte des souhaits et craintes de la société ainsi que des représentations que les individus se font de l'embryon humain. Le clonage reproductif doit rester interdit."
 
 
 

Le cannabis, cette drogue qui nous vient du rif et de... hollande.


Dans son dernier rapport remis au Premier Ministre français, la Présidente de la Mission Interministérielle de lutte contre la drogue (MILDT) propose une nouvelle politique de lutte contre la toxicomanie. Les "drogues légales" comme l'alcool, le tabac et les médicaments sont comprises dans le plan triennal de lutte contre la toxicomanie mise en oeuvre en France. Selon le journal "Le Monde": "les substances "légales" sont en effet plus nuisibles à la santé, 60.000 décés par an sont imputables au tabagisme et 20.000 à l'alcoolisme, tandis que les médicaments sont utilisés dans neuf tentatives de suicide sur dix. L'héroïne a pour sa part entraîné la mort par surdose de 229 personnes en 1997 et environ un millier de toxicomanes, se droguant par injection sont morts du SIDA depuis le début de l'épidémie. Le Cannabis, n'a, à ce jour, jamais été directement mortel".

Pourtant le Cannabis, appelé aussi Marijuana, Kif et Haschich est en passe d'acquérir ses lettres de noblesse dans la pharmacopée en Angleterre et son utilisation dans les textiles en Allemagne. Destiné à soulager la douleur et la contraction des muscles, cette plante sera utilisée dans moins de cinq ans, disent les médias, tel un médicament à part entière ! Sa substance active a été isolée et étudiée par l'un des plus grands laboratoires de Londres. Plus pragmatiques, les allemands ont entrepris de développer la culture du Cannabis pour obtenir un nouveau textile résistant et bon marché.

Alors que se poursuit aveuglément dans le nord du Maroc, son éradication pour satisfaire certains pays de l'Union européenne, affolés par le nombre de leurs drogués et confondant drogue dure et drogue douce.

Le "Triangle d'émeraude". C'est au nord de la Californie, dans cette bande de terre coincée entre le Comté de Mendocino, celui de Humboldt et l'océan pacifique, que se trouve la plus grande concentration au mètre carré de marijuana aux Etats Unis. En clair, la principale "réserve" des 4.350 à 4.850 tonnes d'herbe produites sur le territoire dès 1989, selon les estimations de Washington.

Un chiffre qui fait de l'Amérique un des tous premiers producteurs de marijuana au monde et qui a été largement dépassé en 1998. D'autant que cette production représente 30 à 50% de l'herbe fumée aux Etats Unis, et que tout le monde évoque l'autosuffisance d'ici deux à trois ans.

Le phénomène fait tache d'huile. Il existe aujourd'hui des centaines de coffeeshops à Amsterdam contre une vingtaine il y a dix ans, et environ plus de 2.500 dans toute la Hollande. Leur clientèle est constituée par le million de néerlandais qui roulent régulièrement son joint et, surtout pour Amsterdam, des nombreux touristes étrangers.

Ainsi, les produits dérivés du Cannabis ne se vendent plus au coin des avenues venteuses, entreprise fort aléatoire qui réserve souvent à l'acheteur de mauvaises surprises quant à la qualité de ses emplettes, mais au comptoir de nouveaux négoces qui poussent comme des champignons à Amsterdam. Les coffeeshops, par dizaine, commencent, en effet, à fleurir au début des années 80. Dans ses cafés expurgés de l'orientalisme Folklo style Katmandou et qui sentent le Formica et les boissons non alcoolisées, on obtient son sachet plastique frappé de la feuille de chanvre symbolique, et empli d'afghan, du marocain, ou de nederweed (le hasch made in Holland) pour un prix unique de 25 florins (75 F). Ces transactions vont sortir très rapidement de la clandestinité des arrière-salles obscures. Le client choisi au comptoir des coffeeshops, paye et peut consommer sur place. La Police adopte alors un profil bas: "les drogues douces n'ont pas notre priorité, nous fermons les yeux sur les coffeeshops tant que celles-ci ne vendent pas de drogue dure, ce qui est généralement le cas", explique un porte-parole.

Cette herbe néerlandaise, d'une excellente qualité, se cultive dans les jardins des particuliers qui cèdent une partie de leur production aux coffeeshops. On la voit également pousser dans les serres d'Aalsmeer où elle a remplacé quelquefois tomates et tulipes. Les cultivateurs du nederweed l'ont assez souvent répété pour qu'on les croie sur parole:
"les marocains ou les thaïlandais travaillent de façon primitive. Nous, nous possédons des serres ultramodernes, commandées par ordinateur et qui garantissent un produit haut de gamme".
 


Création du C.I.R.A.I.A.S.E.

(Centre International de Recherches Anthropologiques sur l' Inde et l' Asie du Sud-Est)

dans le cadre des activités de l'Institut International d'Anthropologie
(recherches et publications en sciences humaines).

Le Centre a pour but de coordonner des programmes de recherches scientifiques et des missions dans les domaines:


L' influence des cultures indiennes sur l' Asie est l' une des préoccupations essentielles qui motivent la création du C.I.R.A.I.A.S.E.

Le C.I.R.A.I.A.S.E. devra faire connaître les travaux de ses chercheurs, soit par des colloques internationaux soit par voie de presse et d'édition, en collaboration avec diverses organisations culturelles et scientifiques.

De même, il peut, étant sans but lucratif, mettre ses chercheurs et spécialistes à la disposition des universités et organismes scientifiques qui en feront la demande.

Membres fondateurs:

Direction du centre:
Dominique Boubouleix,
docteur de l' EPHE-Sorbonne,
élève diplômé de l' Ecole d' Anthropologie,
membre de l'American Oriental Society et de la British Society for the History of Philosophy

S.A. Locch Chancchai Apaiwongsde Battambang,
élève diplômé de l' INALCO
Secrétaire du C.I.R.A.I.A.S.E.

Vénérable Phra Eric Xayabandith,
élève diplômé de l' Ecole d' Anthropologie,
Trésorier.
 

Avril 1999
 


Emmanuel ANATI nous parle de 
"La religion des origines"


Paris

Peu de chercheurs vivants, notamment des préhistoriens, peuvent se vanter d'avoir occupé, par leurs découvertes et leurs travaux une page entière du quotidien "Le Monde", deux fois à seulement deux mois de distance ! Cette vedette scientifique est Monsieur Emmanuel ANATI, Directeur du "Centro Camuno di Studi Preistorici", paléo-ethnologue iltalien, auteur de nombreux ouvrages sur l'art et la religion des peuples anciens et qui en France a notamment collaboré à "l'Encyclopédie des religions", parue chez Bayard Editions.

Toutefois son oeuvre capitale en français, qui lui a valu énormément d'éloges mais aussi des polémiques, concerne une nouvelle lecture de l'art rupestre qui amène Monsieur ANATI à proposer une véritable "structure grammaticale" pour les peintures et les gravures rupestres associant le signe à l'image dans une écriture bien déchiffrable et qui se répète sur tous les continents.

Son titre "l'Art rupestre dans le monde, imaginaire de la préhistoire" Editions Larousse.

A propos de cette thèse, le savant italien a déclaré au journal "Le Monde" en novembre dernier : "L'art préhistorique bouleverse l'histoire mondiale. Celle-ci a 40.000 ans au lieu de 4.000 ans, car l'art rupestre est écriture avant l'écriture. Et on arrivera à déchiffrer cette écriture universelle très simple".

Voilà qu'en février Emmanuel ANATI étonne encore l'aréopage des préhistoriens français par un nouvel ouvrage publié chez Bayard: "La religion des origines". Sa présentation a fait salle comble au Musée de l'Homme, où l'auteur a été invité pour une conférence débat.

Cheveux grisonnants, la soixantaine passée, d'une grande courtoisie et disponibilité, courageux et aventureux au point de diriger chaque année des expéditions dans les coins les plus reculés d'Afrique et d'Asie, suivi de jeune collaborateurs, d'étudiants ou de journalistes, ce "tribun de la préhistoire mondiale" a répondu à plusieurs questions de "La Nouvelle Revue Anthropologique".

A la première question :

"Une religion universelle a-t-elle existé au seuil de l'humanité ? L'Homo sapiens ne se posait-il pas exactement les mêmes questions que nous ?

La convergence des modèles artistiques et culturels de nos ancêtres préhistoriques permet-elle de conclure à l'existence d'une religion unique, inhérente au fonctionnement mental de l'homme, qui se serait ensuite diversifiée en de multiples systèmes religieux ?"

Se fondant sur des recherches archéologiques récentes, Emmanuel ANATI répond résolument par l'affirmative et jette ainsi un pont entre l'Homo sapiens et l'homme du XXème siècle :

"La foi en une vie dans l'au-delà et en l'immortalité de l'âme est jusqu'à aujourd'hui à l'oeuvre dans les principales religions contemporaines. La sociabilisation de lieux et d'objets déterminés, pratiquée encore par une grande partie des populations du globe, trouve ses archétypes dans la religion des origines. Les rites de passage qui signent les grands moments de la vie, de la naissance à la mort sont une institution toujours vivace et qui nous amène aux origines. Mais le souvenir peut être le plus tenace est celui des mythes des origines, en particulier de la grande migration, du premier exode. Un mythe qui, revu et corrigé, existe dans les mythologies de presque tous les peuples de la terre. La mémoire des origines est toujours vivante à l'intérieur de nous".

"Y-a-t-il des traces antérieures à l'Homo sapiens, de croyances, de comportements ritualistes et même de culte des morts ?"

"De même si l'on trouve des manifestations attribuables à la religion avant l'apparition de l'Homo sapiens, c'est bien la religion telle qu'elle se développe avec l'apparition de notre ancêtre direct qui peut être définie comme la religion des origines. C'est en effet à partir d'elle que se développent les systèmes de pensée et les concepts religieux postérieurs. Cette religion des origines est fondée sur une vision spécifique de la relation entre les diverses composantes de la nature ; sur une conception définie et définissable, de la relation entre l'homme et la nature, ainsi qu'entre les hommes eux-mêmes, qui implique des règles éthico-morales ; sur la recherche de communication entre l'homme et les forces qui le transcendent ; et sur des ébauches de solutions aux grands problèmes existentiels. Celles-ci seront déterminées par des associations et des séquence logiques de pensée, qui ont des caractéristiques spécifiques et que nous retrouverons ensuite dans les religions postérieures. Sur la base des données disponibles, on peut aujourd'hui assurer, ce qui n'est pas rien, que la dynamique de la pensée religieuse suit une ligne cohérente qui, depuis l'origine, nous conduit à la réalité contemporaine.

Depuis ses débuts, l'Homo sapiens a en effet développé un ensemble de capacités intellectuelles très particulières et n'appartenant qu'à lui. Les trois facteurs fondamentaux que nous parvenons aujourd'hui à identifier sont la création de l'art visuel, le développement d'un langage articulé et la structuration d'une religion, avec des archétypes et des paradigmes qui se répètent depuis dans toutes les religions.

Pour ce qui nous est donné de savoir aujourd'hui, la première différenciation réelle des religions est intervenue à la fin du pléistocène, quand le cataclysme que les mythologies nomment "déluge universel" a bouleversé l'ordre précédent. L'élévation du niveau des océans a séparé terres et continents, et, face au changement affectant ses ressources, l'homme s'est trouvé contraint de modifier sa pensée et ses croyances. Avant cela s'était perpétué durant 40.000 ans, chez l'Homo sapiens, cet ensemble de concepts, croyances, pratiques évoqué dans ces pages, avec l'usage de l'art visuel, des sanctuaires, des lieux funéraires et autres lieux de culte. Cet ensemble riche, révélateur d'une conceptualité originelle de l'homme, a pour nom "religion des origines".

"Divers éléments des croyances originelles se sont perpétués. Certains aspects de la conception dualiste, on l'a vu, sont encore présents chez l'homme du XXème siècle".

"Dans vos récentes missions dans le Sinaï, vous avez découvert, entre autres, des lieux de culte néolithiques extrêmement anciens. Pouvez vous nous en parler ?"

"En effet, le plus ancien "sanctuaire" qu'on connaisse actuellement a été découvert sur une montagne du désert israélien du Néguev, au nord de la péninsule du Sinaï. Sur la base des ustensiles en silex d'une phase initiale du paléolithique supérieur, on estime qu'il remonte à plus de 35.000 ans. Il est situé à Har Karkom, dans une petite vallée, au bord d'un précipice, et est connu sous le sigle HK/86B. Entouré de différents sites de la même époque, il se trouve sur la montagne face à un panorama immense qui domine vallées et collines jusqu'à une chaîne montagneuse, à environ 60 kilomètres à l'est.

Har Karkom, grand lieu de culte au coeur du Sinaï, très importante montagne sacrée à l'âge de bronze, se trouve sur une des pistes principales qui, depuis des temps immémoriaux, relient l'Afrique à l'Asie et au reste du monde. C'est aussi la source d'un silex d'excellente qualité. La matière première fondamentale du paléolithique y était extraite aussi à des périodes antérieures et il est probable que la qualité du silex fut précisément une des raisons expliquant que l'homme ait été attiré en ce lieu.

Il est probable que, depuis toujours, ces lieux où l'homme revient pendant des siècles et des millénaires pour disposer ses messages aient eu des fonctions qu'on qualifierait aujourd'hui de "sociales". Il s'agissait de lieux où l'homme recherchait une communion avec d'autres êtres humains, ou avec les esprits, le monde imaginaire, ou encore avec les forces de la nature. Toutefois les structures et les espaces qui en faisaient des lieux particuliers n'avaient, pas été construits pas l'homme mais créés par la nature. Et ces particularités créées par la nature sont précisément pour l'homme l'indice d'énergies qu'elles contiennent et qui en émanent".
 
 

Un stage sur 
"L'imaginaire du jeune méditerranéen"


L'institut international Charles Perrault propose les 26 et 28 novembre prochains, une formation sur le thème de l'imaginaire du jeune méditerranéen. Destiné en priorité aux bibliothécaires, aux enseignants, aux documentalistes et aux conteurs, ce stage abordera l'imaginaire à travers le roman, le conte et les productions de jeunes travaillant en ateliers d'écriture. L'une des démarches de travail consistera à réfléchir, avec des écrivains et des universitaires sur le rôle que ces récits peuvent jouer dans différents milieux.

Fondé en 1994 par l'Université Paris-Nord et la ville d'Eaubonne (Val d'Oise) l'Institut Charles Perrault a pour vocation la recherche, la formation et l'animation dans le cadre national et international. A travers des congrés, des expositions, ou des journées d'études...L'équipe organisatrice met en oeuvre, chaque saison des orientations littéraires spécifiques. Le caractère international de l'Institut est confirmé par son objectif d'élaborer un programme commun avec d'autres pays du monde (source : Zina OULDAMI dans "Salawa")

Institut International Charles Perrault - Hôtel de Mézières 14 avenue de l'Europe -

BP 61 - 95604 Eaubonne Cedex 04. Renseignements : 01.34.16.36.88

Le sommet de Rabat sur les droits de l'Homme


La première conférence régionale arabe sur l'éducation aux droits de l'Homme a réuni dans la capitale marocaine d'importantes représentations internationales, dont celle des PNUD, de l'ALESCO, de l'ISESCO, et le propre Directeur général de l'UNESCO, Federico MAYOR.

Cette manifestation inédite a réussi le pari de réunir "autour de la renaissance du citoyen arabe" presqu'autant de ministres et d'experts que n'en a compté la ligue des Etats Arabes.

Pour les organisateurs il s'agissait de répondre à la question toujours sans réponse réelle : "quand les droits de l'Homme seront-ils arabes ?".

Il s'en trouve parmi les pays arabes, des pays qui n'ont pas réalisé le moindre progrès menant vers l'ère du respect des droits de l'Homme sous ses aspects civils, politiques, économiques, culturels et sociaux, au point que ces pays peuvent aisément être comparé à quelques pays africains ou latino-américains connus de tous pour avoir mépriser ces droits.

A quelques rares exceptions, le pays arabe gère encore ses affaires et celles de ses citoyens selon des procédés traditionnels où la loi n'a pas de place, seuls prévalent les us et coutumes. Il n'y a ni élections honnêtes, ni représentativité authentique, ni cette assise juridique indispensable à tout jugement. Pire : plusieurs pays arabes n'ont même pas daigné signer les conventions internationales relatives aux droits de l'Homme même si la déclaration des droits civils, politiques et culturels de l'homme remonte à cinquante ans.

De ce fait, les pays arabes doivent rattraper leur sous développement dans ce domaine pour qu'ils soient en accord avec leur histoire prestigieuse et leur patrimoine culturel civilisationnel et humain qu'ils ont cumulé depuis des siècles.

On pourrait dire que la conception des droits de l'Homme diffère d'un pays à un autre, et d'un peuple à un autre ou d'une culture à une autre.
Il arrive même que les droits de l'Homme servent de prétexte à quelques grandes puissances soucieuses d'imposer leurs orientations au monde entier. Mais cela ne pourrait dissimuler la triste réalité des droits de l'Homme, dans le monde arabe à quelques exceptions. Des citoyens sont encore bâillonnés, les médias censurés, et l'utilisation de la violence est monnaie courante...

Comme l'a affirmé dans son émouvante plaidoirie le Directeur général de l'UNESCO, "sans démocratie, sans solidarité intellectuelle et morale, sans justice, sans égalité et sans liberté, les droits de l'Homme restent un voeux pieux que la meilleure politique d'éducation et d'enseignement au monde ne pourra changer."

Les déséquilibres au sein des nations de la planète sont effarants et iniques : 18% des individus possèdent 80% des richesses, à peine du vingtaine de pays monopolisent 80% connaissances et de la production scientifique mondiale et l'élément féminin, prétendant à la promotion des droits catégoriels avec l'enfant est marginalisé (4 à 5% de femmes participent dans les organes de décision). "Les droits de l'Homme sont plus difficiles à enseigner que les mathématiques ou la géographie " estiment certains experts et la meilleure pédagogie à mettre en oeuvre repose sur deux principes clés :

- Privilégier la force de raison sur la raison de la force

- Donner la force de l'exemple.

L'éducation aux droits de l'Homme, notamment dans les pays arabes, doit progresser par des avancées démocratiques significatives que le concept de "village planétaire" rend inéluctables. L'introduction de cours dans les différentes matières enseignées à tous les niveaux des institutions d'éducation, d'enseignement et de formation s'avère primordiale et l'exemple du Maroc, pionnier dans le domaine avec la décision Royale et la double convention entre le ministère des droits de l'Homme et l'Education Nationale d'une part, et avec le ministre de l'enseignement primaire et secondaire d'autre part, le démontre suffisamment.

Pour sa part, le Directeur régional du PNUD invite les pays arabes à progresser dans la voie de la promotion des droits de l'Homme : "le citoyen arabe doit être le mieux préparé scientifiquement et culturellement aux droits de l'Homme ". Cette idée est confortée par le Directeur Général de l'ALESCO, qui ajoute : "il faut parvenir à responsabiliser le citoyen arabe dans un véritable Etat de Droit ".
 
 

Les dépouilles de l'art africain vendues à l'encan.

La vente, à un prix record, d'une pièce rarissime d'origine sénoufo a relancé, aux Etats-Unis, le débat sur le retour en terre coloniale. Pour briser l'indifférence du public à cet égard, un spécialiste propose une solution radicale.

Une sculpture en bois sénoufo - en fait, une baguette rythmique de percussion représentant une forme féminine - a été vendue aux enchères pour plus de 1,2 million de dollars à New York. Le prix payé par l'anonyme acheteur de l'Ïuvre est, en soi, une reconnaissance de la valeur de l'art traditionnel de ce peuple, notamment établi dans l'actuelle Côte d'Ivoire, d'où provient d'ailleurs la sculpture. Il est vrai que ces instruments traditionnels, connus sous le nom de (Pombilele), sont aujourd'hui rarissimes. Selon Allen Wardwell,un spécialiste de Christie's, il existerait moins d'une dizaine de ces pièces authentiques, caractéristiques des débuts du style sénoufo septentrional. On comprend que l'oeuvre en question ait atteint un tel prix, le plus élevé jamais obtenu par un objet de cette origine et seulement dépassé par deux autres pièces d'art africain, la première place appartenant à une sculpture camerounaise représentant une reine Bangwa : issue de l'héritage... Helena Rubinstein, elle s'est vendue 3,4 millions de dollars. La baguette acquise pour 1,2 million ferait partie, toujours d'après Wardwell, < de la douzaine de très grandes sculptures africaines actuellement aux mains de riches collectionneurs privés >.

L'ennui, c'est qu'il s'agit aussi d'un exemple on ne peut plus classique et scandaleux, avec les célèbres masques en ivoire nigériens et les oiseaux de pierre du Zimbabwe exposés à Londres, de ces pièces du patrimoine culturel africain dont le continent a été dépouillé à l'époque coloniale : par vol pur et simple, contre paiement de sommes ridicules ou échangées contres des objets absolument banals.< Sauf exception , assure le professeur Manthia Diawara, du département d'études africaines de l'Université de New York, c'est par la violence ou la ruse que ces livres ont été éloignées de leur terre natale, sans faire jamais l'objet de transactions légales ou à tout le moins équitables >. En l'occurence, la baguette sénoufo date du XIXe siècle : elle a quitté la Côte d'Ivoire en 1935 dans les bagages d'un collectionneur, anthropologue et trafiquant français.
 

Les Basques cousins des Étrusques?

L'étrusque a finalement livré ses secrets. La clé de cet idiome préromain serait l'euskera, la langue parlée au Pays basque des deux côtés des Pyrénées. C'est ce qu'affirme l'historien madrilène Jorge Alonso Garcia dans un rapport qui sera publié cet été en Espagne, Desciframiento de la lengua etrusca (le déchiffrement de l'étrusque). Selon cet ouvrage, fruit d'années de recherche, l'étrusque et l'euskera auraient une origine commune : une langue parlée jusqu'au sixième millénaire avant Jésus-Christ au Maghreb, dans une zone comprise entre le Maroc et la Libye. Avec la désertification du Sahara, la population de cette région a émigré en masse vers la péninsule ibérique, les Canaries, l'Italie, la Sicile et la Sardaigne. Les langues hispaniques issues de ces migrations africaines n'ont survécu qu'au Pays basque et en Navarre, qui ne furent conquis que partiellement par les légions romaines. Étrusque et euskera seraient donc deux langues soeurs, et le basque moderne un véritable <fossile linguistique >. Partant de courts textes figurant sur des monuments funéraires, Alonso Garcia a interprété l'étrusque en le comparant avec le lexique et la syntaxe du basque. La phrase Velth-ur-atin nas , en étrusque, offre ainsi une similarité troublante avec l'expression basque Baltz-ur-atean nas " (Aux portes du fleuve des ténèbres") Cette nouvelle théorie remet en cause la thèse chère aux Basques de l'origine autochtone de leur langue, née au paléolithique. "Un simple cliché qui ne résiste pas à la moindre étude critique ", déclare Alonso dans El Mundo.

Par ailleurs plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées récemment à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pour réclames l'officialisation de l'euskara (langue basque) à l'occasion de la journée européenne des langues.L'Euskal Konfederazioa, qui regroupe quarante organismes culturels pratiquant l'euskara, a revendiqué < la récupération linguistique comme fondement de l'identité et élément de coexistence pacifique pour le Pays basque>. < Il ne s'agit pas d'un combat intégriste ou rétrograde, mais d'un droit positif >, a souligné un universitaire basque.

... Les Bretons aussi

D'autre part, environ 1 500 personnes, dont plusieurs élus, ont manifesté le même jour à Pontivy (Morbihan) pour la défense de la langue bretonne et demandé la signature par la France de la charte européenne des langues minoritaires. Dans un texte remis au sous-préfet et signé par un collectif regroupant une vingtaine d'organisations politiques et culturelles ainsi que les Verts, les signataires estiment que < tout doit être fait pour introduire dans l'espace juridique français la notion de pluralisme culturel, en compatibilité avec la charte >. Adoptée le 24 juin 1992 par le Conseil des ministres du Conseil de l'Europe, la charte, signée par seize États du Conseil de l'europe et ratifié par quatre d'entre eux, a été déclarée contraire à l'article 2 de la Constitution le 24 septembre 1996.
 

PEUPLES ET CULTURES MENACES

Tibet : un peuple et une culture assassinés

Beaucoup de français découvrent aujourd'hui le pays perdu du Dalaï Lama et son extraordinaire civilisation menacée. Un événement médiatique vient, en outre, à actualiser ces manifestations culturelles:
le Dalaï Lama a appelé les centaines de miliers de Tibétains de la diaspora à se préparer à un référendum au niveau mondial pour décider de la ligne à tenir, non violente ou plus défensive, face à l'occupation chinoise.

"Si une majorité de Tibétains - a déclaré le Dalaï - Lama, prix Nobel de la Paix - se prononce pour une indépendance complète et rien d'autre, alors il ne pourra plus être question de négociations avec les autorités chinoises " et ce communiqué est arrivé lui aussi, comme les moines du mandala, de Dharmsala, diffusé par le gouvernement tibétain en exil pour marquer le prochain 40 ème anniversaire de la révolte antichinoise du 10 mars 1959 à Lhassa. Et toutes les communautés, les temples et les institututions tibétaines en Europe l'ont lu. S'adressant indirectement aux jeunes tibétains nés en exil qui voudraient un militantisme plus combatif, le Dieu-roi du Tibet a souligné que "tant qu'il sera à la tête de cette dite libération, il n'y aura pas d'autre voie que celle de la non-violence ".

Cela n'empêche que les jeunes générations tibétaines nées en exil, aussi bien en Asie qu'en Europe, deviennent de plus en plus impatientes d'en découdre avec Pékin. Le bilan de l'occupation chinoise au Tibet est effrayant.

D'abord plus d'un million de morts, soit un Tibétain sur six. Rajoutons les mutilés, les torturés, les déportés ... Dans l'indifférence internationale, Pékin poursuit son processus d'éradication totale et définitive de l'identité tibétaine. Une culture unique aura sans doute disparu de la planète dans dix ans si nous ne réagissons pas.

Pour échapper à la tyrannie et tenter de préserver ce qui peut l'être, plus de 100000 Tibétains ont choisi, malgré les dangers encourus, de suivre le Dalaï Lama en exil.

Aujourd'hui, le nombre de lamas reste au moins dix fois inférieur à ce qu'il était en 1950. L'écriture et la langue tibétaines sont proscrites. Les monastères ont été détruits, les boudhas en plâtre ont remplacé les statues initiales, l'enseignement de l'art tibétain et de la médecine traditionnelle est prohibé. Les vieillards disparaissent et avec eux, c'est toute la culture tibétaine qui s'évanouit.

La première décision du Dalaï Lama, à son arrivée en Inde, fut de construire une école. Aujourd'hui, les Tibétains en exil s'efforcent, avec leurs faibles moyens et l'aide de quelques associations humanitaires, de sauvegarder leur identité, et s'accrochent à leur culture, leur principal espoir de survie.
 

La traite des esclaves continue au Soudan

L'organisation non gouvernementale suisse Christian Solidarity International (CSI) a déclaré jeudi 28 janvier avoir récemment racheté au Soudan 1 050 esclaves noirs, en majorité des femmes et des enfants, et a appelé les Nations unies à intervenir contre le fléau de l'esclavage. CSI a payé 50 dollars par personne pour leur libération - 52 500 dollars au total-, lors d'une opération dans la province de Bahr-el-Ghazal, dans le sud du Soudan, du 8 au 13 janvier. L'argent est versé à certains caravaniers arabes qui localisent les esclaves dans le nord du pays et les rapatrient dans le sud, dont sont originaires les personnes enlevées, où ils sont ensuite rachetés. Il s'agit du plus grand nombre d'esclaves rechetés jusqu'ici par l'ONG, qui a obtenu que 5 066 personnes soient rendues à la liberté depuis le début de son programme en 1995.

Nous reviendrons plus largement sur cette honte de l'humanité qui persiste dans certains pays avec une interview pour notre revue du journaliste Olivier Wever de l'hebdomadaire "Le Point  " qui revient d'une longue enquête "sur le terrain  ".
 

L'acculturation des Pygmées Baka

Refoulés depuis les temps immémoriaux dans la forêt équatoriale, les Pygmées ne représentent plus aujourd'hui qu'un groupe restreint de 200 000 individus environs qui vivent aux confins du Congo, du Gabon et du Cameroun. Laissés pour compte par les gouvernements, ces "petits hommes  " vivent aujourd'hui dans la dépendance des Bantous dont ils adoptent petit à petit le mode de vie.

L'histoire des Pygmées est assez vieille. Ce peuple était connu des Egyptiens sous l'ancien empire égyptien. Lors de la VIème dynastie, le prince Herkhuf, envoyé spécial, ramena vivant un vrai pygmée, un certain DNG (prononcez DENEG) qui devient danseur des dieux à la cour.

Dans la grande forêt équatoriale de la Sangha existent encore des pygmées - Baka- vivant comme à l'époque du paléolithique, de cueillette et de chasse.

Mais peuvent-ils échapper à la... <civilisation > et rester dans la forêt ? Ces quelques faits des Baka font apparaître que la sédentarisation n'apporte aucune amélioration de leurs conditions de vie. Bien au contraire, il est à craindre que l'abandon de leurs vieilles traditions de <liberté et de mobilité > n'affecte leur santé morale et leur joie de vivre légendaire. Mais au fond, existe-il encore des Baka dans la Sangha ?

En tant qu'individu, le Baka continue à exister mais l'unité socio-culturelle n'a pas de chance de survie. Une fois celle-ci disparue le Baka risque d'être comme le Targui que l'on rencontre cuisinier à Niamey ou veilleur de nuit à Agadès, s'il a eu la chance de ne pas être réduit à la mendicité...
 

Les Yanomamis sérieusement menacés

(Un appel de Médecins du Monde)

La survie des Yanomamis et de tous les indiens de l'Amazonie est gravement menacée par l'exploitation massive des ressources minières et forestières, par les maladies infectieuses apportées par les colons ("paysans sans terre  ", ouvriers de la construction des routes, chercheurs d'or...) et plus récemment par les gigantesques incendies liés au phénomène climatique "El Niño " qui ont détruit une surface de forêt égale à la superficie de la Belgique.

Survivront-il à une nouvelle ruée vers l'Eldorado? Uniques dans leur culture et leur identité, ils portent en eux une part de la mémoire de l'Humanité.

L'anthropologue français Bruce Albert a trouvé "les Yanomamis en état de choc : malades, affamés, révoltés, désorientés, morts et assassinés et traumatisés " à cause du désastre écologique, sanitaire et démographique provoqué par ces agressions. Médecins du Monde a donc été rappelé pour participer à un plan d'urgence "SOS Yanomamis  ". En partenariat avec la FNS brésilienne (Fondation Nationale pour la Santé), nous avons mis en place des mesures curatives, préventives, de formation et d'appui aux structures sanitaires locales, qui ont apporté des résultats très encourageants.

Naturellement dispersés sur un vaste territoire (environ 200 000 Km2) placé de part et d'autre de la frontière du sud du Vénézuela et du nord du Brésil, les indiens Yanomamis ont réussi à éviter le contact régulier de "l'homme blanc  " jusque dans les années soixante. Mais, depuis quelques années, cette dispersion naturelle au sein d'une épaisse forêt amazoniènne n'est plus protectrice.

Ils ont subi successivement :

- une première invasion organisée de leur territoire avec la construction de la route transamazonienne de 1973 à1977.

- L'arrivée de 100 000 chercheurs d'or entre 1987 et 1991, qui ont investi leur territoire et modifié gravement leur milieu naturel. Médecins du Monde, présent depuis 1983, a été expulsé,ainsi que tous les autres organismes agissant en faveur des indiens. Cette confrontation catastrophique des Yanomamis avec les chercheurs d'or a provoqué la mort de 20% d'entre eux, soit près de 2 000 personnes sur une population de 9 000 environ.

Il n'existe pas un peuple Yanomami mais une multitude de communautés isolées, ayant des relations de parenté ou d'alliance avec une dizaine de communautés proches. Ces liens sont fragiles, et les divisions exploitées par tous ceux qui veulent tirer un profit du territoire Yanomami (fermiers, chercheurs d'or et politiques). Il est nécessaire que les indiens s'unissent pour défendre leur droits. Ainsi, avec le diocèse, nous participons chaque année à l'organisation de l'Assemblée du peuple Yanomami. Cette action s'avère délicate, car nous ne devons pas être soupçonnés de favoriser un quelconque séparatisme ente les Yanomamis et les autorités brésiliennes.

L'action médicale de Médecins du Monde est efficace à long terme. Les besoins sont énormes et les coûts des soins sont très élevés en raison des distances parcourues en petit avion d'un village à un autre. Les maladies des Yanomamis sont apportées par le monde extérieur. Nous avons tous, soit en tant que médecin, soit en tant que citoyen, le devoir d'assistance et de réparation envers ce peuple menacé de disparition.
 
 
 
 

Février 1999

MÉLANGES ET NOUVELLESAttilio GAUDIO

Une exposition sur les anciens manuscrits du Sahara à sauver

Conjointement au septième Colloque Eurafricain du CIRSS sur le thème :Les anciens manuscrits du Sahara et du Sahel : redécouverte, sauvegarde et mise en valeur comme patrimoine universel de l'humanité, l'Institut International d' anthropologie, en collaboration avec le Centro Studi Archeologia Africana , a réalisé dans les salons du musée d'histoire Naturelle de Milan, une exposition de photos d'anciens manuscrits.

Intitulée Les bibliothèques du désert , l'exposition des manuscrits du Sahara et du Sahel, qui couvrent une période allant de l'an 1000 au début de l'ère coloniale, est la première du genre jamais organisée en Europe. Rédigés essentiellement en Arabe, ces documents sont l'oeuvre de lettrés, Juriste, Poètes, Philosophes, Caravaniers et Scientifiques, de l'époque, appartenant aussi bien aux grands groupes ethniques de tradition nomade ou aux populations sédentarisées des grandes villes du Sahara et du Sahel comme SMARA, CHINGUETTI, TAMBUCTU.

L'importance de ces manuscrits, conservés aujourd'hui encore par les vieilles familles, les Zaouias, les bibliothèques locales et quelques bibliothèques d'état, a été mise en évidence lors d'un séminaire organisé le jour de l'ouverture de l'exposition.

Les participants ont appelé à la création d'un comité Euro-Africain permanent pour la sauvegarde, la restauration et la publication des manuscrits du Sahara et du Sahel et ont invité l'organisation Islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ISESCO) a inclure, dans le patrimoine historique à préserver, les anciens manuscrits de la ville de Tambuctu.

Les intervenants, représentant plusieurs pays Européens et Africains, ont également mis l'accent sur la nécessité de sensibiliser les Imams des mosquées, les responsables des Zaouias et les familles qui détiennent encore des manuscrits de cette zone, de permettre leur accès aux chercheurs en vue de constituer un répertoire général de cet immense patrimoine écrit et ont convenu de la tenue d'une prochaine rencontre euro-Africaine a Tombouctou sur le thème l'Archéologie du Sahara et du Sahel et les anciennes pistes caravanières dans le futur itinéraire du tourisme culturel mondial.
 

La Fondation Orient - Occident inaugure une bibliothèque à Rabat.

Mademoiselle Yasmina-Atonia FILALI, fille du ministre marocain des affaires étrangères et présidente de la Fondation Orient-Occident ayant son siège à Paris,nous a annoncé la réalisation du Centre Culturel-Bibliothèque de Rabat et des actions en direction de la jeunesse issue de l'immigration.

Comme un pont entre les deux rives de la Méditerranée- écrit Mlle FILALI- la Fondation entend renouer le dialogue et contribuer à la compréhension entre ces deux civilisations. Et c'est dans cet esprit que l'architecte Nordine KOMIHA a conçu l'édifice de la nouvelle bibliothèque, inscrite dans les contours de la Méditerranée puisque son entrée s'effectue par le Maroc et le Détroit de Gibraltar.

Par ailleurs notre Fondation lance des actions concrètes en partenariat avec des associations locales pour lutter contre l'exclusion sociale des jeunes, car l'immigration est l'histoire émouvante d'hommes et de femmes qui, au prix de leur propre déracinement, ont vécu l'enracinement de leurs enfants dans la société française. Mais qui sont-ils? où vont leurs enfants? Entre un projet de départ et un projet de retour, une première génération s'est installée. On l'a appelée la génération du silence ... Soudain, les jeunes ont eu la violence de dire. Une génération est là, qui pose le problème de l'appartenance. Mais à quel Monde?

Dans un souci d'être aussi un trait d'union entre les différentes cultures d'Orient et d'Occident, la Fondation a programmé une exposition itinérante sur les Routes Culturelles d'Al Andalusavec les Écoles Françaises et le concours de la Fondation Legado Andalusì de Grenade. Mais fidèle à ce devoir de mémoire, la Fondation travaille, sous la haute autorité de Monsieur Boutros Boutros Ghali et Monsieur Jean-François Deniau, à la réalisation d'une grande exposition ayant pour thème: l'histoire de l'immigration maghrébine en France.
 

Une ambassade à Washington pour une tribu indienne

Pour la première fois une tribu indienne a ouvert une ambassade à Washington, sur la prestigieuse Embassy Row.

Les peaux-rouges Saginaw Chippewa ont acheté une villa de trois étages dans l'avenue des ambassades, juste devant la résidence du vice-président Al Gore.

La résidence- ont expliqué les indiens à la presse médusée de la capitale des États Unis - nous permettra de rencontrer les fonctionnaires fédéraux dans une position de gouvernement à gouvernement. Notre priorité est celle de protéger notre souveraineté  et ils ont présenté l'ambassadeur coopté par la tribu, du nom de Bill Cross, qui prendra rapidement son poste dans cette étrange représentation diplomatique, agréée par l'administration Clinton.

Les Saginaw Chippewa possèdent dans le Michigan un casino, le deuxième dans cet état à être entièrement la propriété des indiens.Les profits sont répartis entre tous les membres de la tribu: chaque peau-rouge a déjà reçu 30.000 dollars. Une situation qui place les Saginaw Chippewa parmi les populations autochtones les plus riches.

Cela risque de pousser Washington à revoir les aides annuelles que le US Bureau of Indian Affairs (département gouvernemental chargé des affaires indigènes) accordées aux peaux-rouges.

D'autres tribus indiennes avaient ouvert dans le passé des bureaux à Washington, mais aucune n'avait encore acquis des bâtiments dans le quartier des ambassades.
 

Les populations africaines ravagées par le VIH

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH /SIDA (Onusida) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estiment qu'à la fin de 1998, le nombre de personnes vivant avec le VIH, le virus responsable du sida, avait atteint 33,4 millions soit 10% de plus que l'année précédente. Aucun pays n'est parvenu à juguler l'épidémie. Presque tous ont enregistré de nouveaux cas en 1998 et, dans bien des endroits, l'épidémie échappe à tout contrôle.

A l'heure actuelle, plus de 95 % des personnes infectées par le VIH vivent dans le monde en développement. C'est là aussi que sont survenus 95% des décès causés par le sida jusquà présent, principalement chez les jeunes adultes. Onze hommes, femmes et enfants ont été infectés toutes les minutes en 1998, soit près de 6 millions de personnes au total. Un dixième des personnes concernées avaient moins de 15 ans, ce qui porte à 1,2 millions le nombre d'infections chez les enfants. La plupart d'entre eux ont été infectés par leur mère avant ou pendant leur naissance, ou lors de l'allaitement maternel. Les femmes sont en passe d'arriver à égalité avec les hommes: alors qu'en 1997, elles représentaient 41% des adultes infectés dans le monde, elles constituent aujourd'hui 43% des personnes de plus de 15 ans qui vivent avec le VIH / sida.

Première conséquence du fléau: le recul de l'espérance de vie. Au Botswana, par exemple, elle est tombée à 40 ans, alors qu'elle était de 70 ans. Autre conséquence; la hausse du taux de mortalité juvéno-infantile, passé en Afrique du Sud de 38 à 61 pour 1 000. Pour la seule année 1998, le sida a tué 2 millions d'Africains.
 

Zimbabwe : les guérisseurs traditionnels 
et le sida

Affirmant avoir réussi à traiter avec succès des malades du sida, les guérisseurs traditionnels Zimbabwéens ont décidé d'entourer d'un véritable secret d'Etat la préparation de leurs potions, soutenus en cela par le ministre de la Santé qui les a mis en garde contre les espions et escrocs Internationaux.

Il existe un danger réel de voir des escrocs internationaux, la mafia des cartels financiers s'approprier nos remèdes , a déclaré Timothy Stamps, ministre de la Santé du Zimbabwe, et médecin lui même, à l'ouverture cette semaine d'un séminaire de l'Organisation des guérisseurs traditionnels (Zinatha),un organisme respecté qui compte 45 000 membres.

Le président de Zinatha, vice-recteur de l'Université du Zimbabwe, Gordon Chavunduka, estime également que beaucoup d'étrangers essaient de voler les précieuses plantes médicinales poussant sur le sol Zimbabwéen et a demandé aux guérisseurs de ne point divulguer les recettes de leurs décoctions, particulièrement en ce qui concerne les traitement prometteurs contre le sida.

Plusieurs guérisseurs traditionnels Zimbabwéens affirment avoir réussi à guérir complètement des patients atteints du sida, bien que le ministère de la Santé ait conseillé la prudence avant de parler de tout traitement définitif.

Au moins une centaine de guérisseurs affirment avoir réussi à traiter avec succès les malades du sida, a indiqué à l 'AFP Peter Sibanda, coordinateur national pour le sida de Zinatha.

M. Sibanda précise qu'il a vérifié lui-même deux cas où la rémission de tous les symptômes sur les malades a pu être constatée, examens sanguins à l'appui. Ils étaient quasiment mourants, incapables de marcher et maintenant ils ont repris leur travail , dit-il, ajoutant que les tests de laboratoire, qu'il a lui-même supervisés, positifs au départ étaient après le traitement totalement négatifs. L'Association Zinatha indique que 250 plantes ont été analysées dont 50 ont été retenues comme contenant des substances puissantes dans le traitement du sida. Mais, précise M. Sibanda: Nous sommes très prudents sur nos connaissances dans ce domaine, car il existe un réel danger de pillage, la plupart du temps pour des motifs lucratifs.

Avec près de 40.000 cas déclarés de personnes ayant développé tous les symptômes de la maladie, le Zimbabwe présente le troisième plus fort taux de séropositifs en Afrique Subsaharienne après la Tanzanie et le Malawi. Selon une étude de l'Organisation Mondiale de la Santé, 600.000 Zimbabwéens au moins seraient séropositifs, sur une population de 10 millions d'habitants. Un programme de 87,3 millions de dollars pour la lutte et la prévention contre le sida est entré en application en août dernier, financé pour la plus grande partie par la Banque Mondiale.

Les autorité Zimbabwéennes ont fait également ces dernières années des campagnes d'information auprès du public contre les dangers du sida.

Les guérisseurs traditionnels, que l'on appelle N'Angas  estiment, eux aussi, avoir un rôle à jouer, d'autant plus que, selon certains sondages, 90% de la population Zimbabwéenne consulte plus volontiers le guérisseur que le médecin.

Nous devons aider les gens à lever certains de nos tabous culturels, indique M. Sibanda,c'est un problème d'éducation et aussi de volonté politique de la part de nos dirigeants.
 

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